o douce

Ne pas trouver les mots pour en découler.
Submergée de sensations de la tête aux doigts.
Débordement d’images.
Et ce clapotis sous nos fesses.
Comment dire.
L’écran reste blanc.
Je me lance tout de même.
J’écris de nouveau.
Puis comme la vague sur le sable j’efface toutes traces.
Tourner en rond le clavier immobile.
Dans la lune tout baigne sur terre tout se noie.

Je me dis il faut une photo.
Ça me prend une photo sur laquelle me cramponner.
Ma bouée mon élan mon coup de pied au cul.
Sans tarder je tape bain.
Juste bain dans google images.
Sans qualificatif sans rien ajouter.
Avec paresse.
S’offre à moi un défilé de baignoires sans inspiration.
Du bain de catalogue blanc comme mon écran.
Sans perdre un instant je rectifie le tir je mitraille.
Peintres célèbres érotiques bains.



Et voir de tout.
Retenir surtout le sensuel la douceur.
Les touches de roses de bleus de jaunes.
Des orangés de désir.
L’évocation du flou sur ton de chair.
Degas. Bonnard.
Ce qui à l’époque faisait bander avec délicatesse.

degas

Oui il y avait de ça dans notre premier bain.
Un bout d’orteil dans la mousse jusqu’à l’eau.
Tâter sa chaleur.
La sensualité du geste.
Remonter en chignon mes cheveux au-dessus de la tête.
Lentement une main enroule l’élastique.
L’autre remonte mes mèches.
Vos mots en entrant dans la salle de bain avec votre accent mouillent mon sexe.
Mon dos reçoit le compliment mes fesses aussi.
Votre sexe déjà en érection je devine.

Je voulais du contemporain pour raconter notre bain.
Une photo élégante de strupe à l’image de notre rencontre.
Un mélange de beauté bestiale de désir palpable de rires doux.
Revenir en arrière l’écran toujours vide.
Écrire ces mots dans un ultime essai.
Bains femmes nus érotiques.

Oh et la page pleine de bains pornographiques.
De couleurs saturées de poses écartées.
De seins à ras bord de céramiques criardes.
Des prises de vue sans finesse.
Des pages et des pages au premier degré.
Les yeux plein la gueule encaissent.
Je vous épargne les images il y en a tant.
Mais parmi ce prêt à consommer qui certes fait bander.
J’ai retenu ce vintage.

bainvintage

Cet air de dire oh que faites-vous ici grand coquin?
Pour le rire le jeu le plaisir de jouer dans l’eau à deux.
Parce qu’on est toujours des gamins avec une libido de marée haute.
On prend un bain vous ai-je demandé après avoir baisé déjà deux fois.
Nous étions dans la cuisine à se rafraîchir le gosier.
La bouteille d’eau s’est rapidement vidée.
Nous étions nus dans la cuisine avec des étoiles dans les yeux.
On prend un bain avec de la mousse ?
Je savais que vous alliez dire oui.
L’eau coule.
Mon chignon tient.
Mon orteil laisse un trou dans la mousse.
Votre voix derrière me rejoint.
Tu es belle.

Je tombe sur cette image parmi celles saturées de culs en quatre couleurs.
Le mouton noir qui émeut se détache se démarque.
Une tête hors du bain ébouriffée et ces expressions charmantes.
En noir et blanc parfait pour le blogue.
Six cadres tirées de One Week de Buster Keaton.
1920 derrière porte close sans rien voir on devine.
Un mélange de tout ce qui m’habite lorsqu’on se voit.
Une mise en bouche l’eau à la bouche.
Avec ça de timidité vite passée.
Avec ça de complicité qui chavire.
Ça de désir à ras bord.

One WeekBusterKeaton

Et cette main devant la caméra pudique.
Et ce sourire toujours ce sourire dupliqué partagé laisse couler.
Des cascades de plaisir.

Je me suis assise dans l’eau devant et vous derrière.
Votre queue matraque mon dos mes reins se cambrent aussitôt.
Vous soulevez mes fesses de vos mains et hop.
Du coup votre sexe s’insère.
Dans l’eau un fourreau se resserre.
L’étroitesse du lieu la chaleur qui s’en dégage.
Nos joues s’enflamment.

Toutes les images dénichées prennent sens.
Mêmes les plus pornographiques.
Nous sommes multiples.
Nous faisons des vagues.
Dans un bain nos fluides se propulsent sous l’orgasme.

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2 réflexions sur “o douce

  1. L’o douce
    s’écoule,
    Si le bain mousse,
    C’est cool

    Je tiens dans la coupe,
    De mes mains,
    Le poids de cette croupe,
    Comme on dit – la chute de reins,

    Assise dans l’eau,
    Qu’y a-t-il de plus beau,
    que la sculpture de ton dos,

    Il n’y a pas de mal à se faire du bien…
    Comme dit Gainsbourg,
    J’y vais et j’y viens…
    des allers et des retours,

    La belle bouche ouverte
    Avoir l’eau à la bouche,
    Guidé de mains expertes,
    Accroupis sous la douche,

    Quand les corps dansent,
    Ensemble jusqu’à l’explosion,
    C’est une jouissance,
    Un sommet de sensations…

    RC

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