à l’envers

et vous êtes là dans le froid inattendu
devant la porte vos lunettes givrées
derrière vos yeux me questionnent

puis-je entrer?

l’expression de mon visage est une
étude de Schaeffer déconcertante
aux tourniquets de mon cerveau
se bousculent des milliers de
questions en moins d’une seconde
tintamarre de sentiments tremblement
de doutes cliquetis d’assiettes
en pile sur une tablette l’absence
l’attente la solitude s’écroulent

je dois faire un drôle d’air de
joie de tristesse sans trop savoir
vous souriez incertain

puis-je entrer?

muette la porte grince en l’ouvrant
plus grande je recule juste assez
au passage vous m’effleurez vous
sentez bon et constatez qu’un rien
m’habille en suivant vos yeux sur
moi de haut en bas coquins camisole
sur petite culotte mise à l’envers
annonciatrice d’un cadeau comme
le dit si bien ma mère je m’explique

je viens de faire le ménage

les premiers mots de ma bouche après
des semaines de grands déserts sans
texto sans coup de fil sans courriel

pas bonjour pas oui entre pas toi enfin
non je viens de faire le ménage vous
éclatez d’un rire certain

beau ce désordre dans tout ce bleu
d’un doigt je repousse votre frange
je me pince en douce j’ai mal cela
me réjouit cela est vrai

large respiration dans la poitrine dans
la cage thoracique ne pas halluciner
ni m’évanouir les yeux fermés expulser
l’air dans un sifflement devant la porte
que vous fermez derrière vous je m’étire
comme au pilates ma camisole remonte
sans me pincer j’ouvre les yeux

tu es belle

les mots pour le dire sans rien dire
que sourire d’un pas mes lèvres sur
votre bouche se collent en feu vous
enlevez votre manteau votre foulard
votre chemise vos espadrilles votre
jeans ma camisole ma petite culotte
et la vôtre sans laisser ma bouche
d’une semelle sur le tapis pieds nus
tout comme la dernière fois un baiser
de langues qui s’enroulent mouillées

presque sans respirer le désir assoiffé
s’abreuve de nos salives heureux nos
corps perdent la tête de retrouver cet
inévitable plaisir combustible de l’âme

nous avons l’orgasme amoureux à répétition
nos mains parcourent nos chairs marquent
d’une pierre blanche ce qui est comment
dire un jour pas comme les autres puisque
la nuit tombe et que vous êtes encore ici

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9 réflexions sur “à l’envers

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